Sexe, sommeil, énergie.. Ce qu’un mois sans alcool va améliorer chez vous

Sexe, sommeil, énergie.. Ce qu’un mois sans alcool va améliorer chez vous

Le Dry January, ou littéralement «Janvier sec», consiste à ne pas boire une goutte d’alcool durant le premier mois de l’année. Un défi que se lancent des milliers de Britanniques depuis 2013. Quels sont les bienfaits à observer ?

Dry January en Grande-Bretagne, Tournée Minérale en Belgique… Ces deux actions, mises en place respectivement en janvier et février, ont un point commun : passer un mois sans ingérer une seule goutte d’alcool. Application smartphone pour le suivi, conseils quotidiens, recettes de «mocktails» (ces cocktails sans alcool), aucune excuse pour ne pas rejoindre les quatre millions d’Anglais y participant cette année (1).

Pour nous convaincre du bien-fondé de l’initiative, une étude de l’université de Sussex en Angleterre (2), publiée le 2 janvier sur le site de l’établissement, identifie les bienfaits de l’expérience. Des bienfaits confirmés par Mickael Naassila, président de la Société française d’alcoologie. Le professionnel nous explique pourquoi cela vaut la peine de se priver durant 31 jour

Sommeil, peau, fonction sexuelle…

«Un mois suffit pour voir des effets bénéfiques sur sa physiologie et sa santé», lance le spécialiste. De son côté, l’étude souligne un meilleur contrôle de sa consommation d’alcool, un regain d’énergie, une qualité du sommeil améliorée… «Si on regarde la qualité de vie, on va observer un effet positif global en buvant moins, commente Mickael Naassila. Réduire ou arrêter de boire de l’alcool a également des effets bénéfiques sur la tension artérielle et la fonction sexuelle.»

D’après l’étude anglaise, plus d’un participant sur deux remarque après l’expérience une amélioration de la qualité de la peau et une perte de poids. En effet, dans un article sur les effets de l’alcool sur la peau en janvier 2018, Elisabeth Berrissoul, dermatologue et responsable médicale Epiderm, nous expliquait que la boisson alcoolisée agit comme un diurétique et peut ainsi favoriser un teint terne, des yeux cernés et un manque d’élasticité de la peau. La boisson représente également des calories, «sept par gramme, confie Mickael Naassila. Lorsque l’on en consomme, cela entraîne un pic de glycémie et d’insuline. Si l’on en boit continuellement, cela peut contribuer au développement de la résistance à l’insuline. Il s’agit d’un des facteurs de risque de stéatose, une lésion du foie qui stocke de l’énergie et engendre du « foie gras ».»

Faire le point sur sa consommation

Il n’y a pas de prise d’alcool sans risque pour la santé

Que l’on soit petit ou grand buveur : «boire moins, c’est mieux, énonce le président de la Société française d’alcoologie. Une campagne comme celle du Dry January fait réfléchir à une consommation d’alcool qui ne serait pas une normalité. Il faut s’interroger comme cela a été fait pour le tabac, car il n’y a pas de prise d’alcool sans risque pour la santé.»

Le spécialiste est catégorique : répétée chaque année, l’expérience «ne peut être que bénéfique». Pour rappel, et selon l’Agence de santé publique et l’Institut national contre le cancer, il est recommandé de ne pas dépasser deux verres par jour pour les hommes et les femmes, et jusqu’à dix verres d’alcool par semaine.

(1) Chiffres communiqués par l’association britannique Alcohol Change UK, créatrice du Dry January.
(2) L’étude de l’université du Sussex en Angleterre publiée le 2 janvier sur le site de l’établissement a été réalisée sur plus de 800 Anglais.